mardi 20 décembre 2011

Les petites phrases qui tuent ...

20 décembre 2011

Vingt ans que j'entends toujours les mêmes petites phrases qui tuent ...
Alors si on décidait là, tous ensemble, de leur crever la peau, à elles aussi ?
Après tout, elles ne nous font même pas peur, on ne va pas se laisser faire, se laisser faire, ça reviendrait à se laisser enfermer dans des catégories stériles et paralysantes et pour tout dire, qui fleurent bon le réactionnisme, et non, vingt ans, c'est trop jeune pour être réac !

"Ce n'est pas de l'aquarelle"
Celle-là, purée, je l'ai entendue plus que toutes les autres, comme si il n'y avait qu'une façon de faire de l'aquarelle, de Dürer à Turner en passant par Homer ...bon allons faire un tour dans les musées, les yeux ouverts et on en reparle après. Ouvrir une boîte d'aquarelle, c'est un peu comme goûter un grand vin. Ce qu'on va trouver dedans, c'est une question d'adéquation entre un terroir et un palais. Le reste est avant tout affaire de savoir faire, et de savoir vivre.

"Il faut être rapide pour faire une aquarelle"
Déjà, une phrase qui commence par "il faut" ...c'est mal engagé, en tout cas, pas très ouvert d'esprit...C'est pourquoi je dis toujours à mes élèves "je ne vous dirai jamais... jamais...ni toujours"  
Comme en amour, tout est possible en aquarelle ...chacun l'adapte à ses goûts, à ses capacités physiques et intellectuelles. Une peinture est la traduction d'une âme humaine, et pas nécessairement une performance.

"L' aquarelle c'est les couleurs pastel"
Ca c'est quand même un beau paradoxe, être allé piquer aux pastellistes l'appellation de leur medium pour venir qualifier la pseudo-caractéristique de l'aquarelle...Il fallait oser le faire. Je ne sais pas qui l'a dit en premier, mais alors question postérité, c'est une sacrée réussite. C'est l'un des poncifs qu'on entend le plus souvent. Il faudrait alors ne jamais déboucher un tube de bleu phthalocyanine ou même de sépia ...Toute une éducation à refaire...chacun ses goûts et nous avons tous une gamme de couleurs et de valeurs préférées, qui correspondent à notre tempérament, mais de là à en faire une règle ...

Vous aussi vous avez certainement en tête des petites phrases assassines comme ça entendues jusqu'à l'écoeurement, entre la poire et le fromage et qui ont trop longtemps servi à justifier la place de l'aquarelle dans le cercle des loisirs gentillets. Je serais curieuse de savoir ce que vous en pensez, avec un peu de pratique et de recul...

lundi 19 septembre 2011

Peindre à l'aquarelle sur châssis



A l'aquarelle on peut peindre sur toutes sortes de supports, le plus à la mode actuellement étant le yuppo, ou Lanavangarde et tout  support plus ou moins résiliant à la pénétration de l'eau, type papier photo etc...pas vraiment besoin de tendre ces machins là.
Néanmoins ça peut être plus facile, surtout si vous travaillez sur chevalet de le fixer (punaises, scotch , pinces ...) sur un support que vous déplacez facilement sans abîmer votre travail.

Coton, cellulose, peu importe la nature du papier ...il se peut que vous ayez envie de le tendre s'il ne tient pas tout seul sur votre table de travail ou votre chevalet. (Oui, ça existe aussi les papiers  bien lourds qui tiennent tout seuls et qu'on n'a pas besoin de tendre).
Il y a aussi des peintres qui n'éprouvent pas le besoin de tendre leur papier et qui le posent tout simplement, sur une surface lisse, ou sur une serviette éponge, et pourquoi pas un drap humide comme Blanche Odin parait-il le faisait. Mais personne ne sait exactement comment elle peignait car il y a peu de témoignages d'époque à ce sujet.

On va donc en rester au papier classique et là, tout à coup, j'ai envie de le tendre sur un châssis.
Je rédige cet article un peu dans la colère car, tendant mon papier depuis plusieurs années de cette façon, je me suis encore fait avoir ...

A ne pas faire:
          * Mouiller le papier sous la violence de la douche ... la cellulose contenue dans les fibres est alors fort mise à mal et vous vous retrouvez avec un papier criblé de tâches transparentes... ben oui, tout fout le camp, la cellulose aussi. Le papier est alors quasiment irrécupérable ...il vaut mieux dans ces cas là avoir du stock et ne pas avoir de souci de trésorerie.
On peut éventuellement le gessoter et s'en servir autrement...
Il faut mouiller votre papier délicatement sans frotter et sans appuyer vos doigts un peu partout.. L'idéal je crois c'est le spa ou la piscine. Enfin, tout dépend de vos formats ... et de l'entretien de votre piscine. (je déconseille formellement les piscines municipales qui ne sont pas équipées pour cet usage). 
Si vous ne pouvez pas le tremper entièrement dans un récipient suffisamment grand, utilisez une grosse éponge et humidifiez largement des deux côtés, sans frotter.

           * Poser le papier sur le mauvais côté du châssis.
Sur les châssis il y a un côté aplani et un côté en pentes... poser le papier envers contre côté pentu...et agrafez.

            * Tendre trop ou pas assez.
Une bonne agrafeuse qui ne vous lâche pas en route est bien utile. Pensez à remplir la réserve d'agrafes avant de commencer à agrafer...sinon vous vous retrouvez avec votre papier qui dégouline lamentablement et qui s'abîme en se pliant ou en glissant du châssis et ça c'est ch.... extrêmement désagréable.

            * Tendre le papier à l'envers.
Certains papiers ont un envers et un endroit. Avant de le mouiller, pensez à marquer l'envers ou l'endroit (enfin rappelez vous quel côté vous avez marqué, sinon, ça ne sert à rien, nous sommes bien d'accord). Je pense en particulier au Moulin du Coq vendu en rouleau qui présente un côté tramé et un côté lisse, ou encore au Montval dont les deux côtés se ressemblent terriblement une fois le monogramme perdu (l'endroit est du côté où Canson s'inscrit mais si vous découpez la feuille en plusieurs morceaux...là, ça se complique) et qui n'est pas terrible pour les enlevés sur l'envers. L'Arches grain fin ou torchon est réversible, même si les deux côtés ne réagissent pas tout à fait de la même façon et si le grain est légèrement différent sur chaque face.
Les rouleaux sont enroulés côté endroit au dessus.
Si vous tendez trop votre papier, les côtés se déchirent lors du séchage ou plus tard, lors des remouillages successifs.



Le conseil à la noix du jour:
Testez cette technique d'abord sur de petits châssis

lundi 6 juin 2011

Pigments lourds , pigments légers




 Je ne sais pas si ça sert vraiment à grand chose d'apprendre par cœur des listes de pigments en essayant de retenir chacune de leurs propriétés.J'ai tellement vu pratiquer tout et son contraire avec des résultats d'une surprenante tenue dans tous les cas...que je n'accorde plus grand crédit aux théories fumeuses sur la palette idéale, et une façon UNIQUE et supérieure  de s'en servir.

Les pigments les plus lourds en gros ce sont tous ceux qui portent le nom d'un minéral ou d'un métal: Cadmium, cobalt etc...
Ils ont la particularité de rester profondément dans les fibres du papier, et en cas d'enlevé, ils réapparaissent sous forme de dépôt là où les transparentes sont absorbées par le papier ou le pinceau qui a servi pour enlever.
Ils voyagent moins sur le papier, se diffusent moins et dans les techniques mouillées; ils se fixent exactement là où le peintre l'a souhaité.

Les plus légers ce sont les transparents qui se diffusent très facilement, la plupart des pigments d'aujourd'hui sont chimiques, comme phtalo, auréoline, rose permanent etc...
Certains de ces pigments, comme le Rose permanent,  se séparent assez facilement les uns des autres dans les mélanges et parfois là où l'on croyait avoir le résultat visuel du mélange, n'apparait plus que l'un ou l'autre des composants, l'autre ayant migré...tout seul...

De nombreux aquarellistes américains utilisent les cadmiums très décriés en France... et ils réalisent de très belles aquarelles transparentes. Tout ça dépend du dosage avec l'eau, de la façon de les déposer sur le papier ... et aussi du papier utilisé.


Là je voulais juste vous donner un petit truc, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, pour juger si un pigment appartient à la famille des lourds ou à la famille des légers...


Le Pigment le plus lourd (ici bleu ceruleum) du mélange atterrit au fond du pot à eau, et le pigment plus léger (ici du marron de pérylène) reste au dessus.

Le seul conseil important me semble-t-il est celui de connaître le NOM des pigments qu'on utilise, car je ne vois pas très bien comment on peut autrement tenter de comprendre pourquoi telle ou telle manipulation donne tel ou tel résultat. Trop souvent, je vois mes élèves refaire toujours la même erreur, n'ayant pas prêté suffisamment d'attention à ce qu'ils avaient dans la palette.

  Donnez-vous les moyens de progresser.