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samedi 23 juillet 2016

Carnet de voyage : lac Tonle Sap





Voici la photo de départ , je l'ai déjà un peu transformée puisque j'ai opté pour un recadrage carré.






Première étape (après l'esquisse au critérium)

Puisque je travaille sur Arches : poser la gomme à masquer là où je veux préserver des clairs ou des blancs est la première chose à faire. La finesse des traits à protéger, ou bien la proximité de couleurs sombres potentiellement envahissantes, ou encore la nécessité de passer plusieurs lavis sur ces zones à protéger sont mes critères principaux justifiant l'emploi de ce liquide à base de latex qui recouvre le papier et ne peut être peint.
Bien le laisser sécher !!


Format : 66 x 66
Le papier, du 300g,  est juste posé sur la table ;)




Mes palettes avec tous les bleus, tous les rouges, tous les jaunes dont je dispose, ou presque.





Deuxième étape :


Je commence par poser des lavis bleus dans le ciel, sans tout remplir, puis des bleus dans l'eau et lorsque le bleu du ciel a séché je commence par les jaunes et les verts anis des arbres. 


Je peux passer sans hésitation par dessus la gomme à masquer qui protège les graphismes des joncs.




Troisième étape: 


Je peux commencer à colorer les maisons dont j'ai réservé là encore quelques parties que je souhaite garder intactes pour l'instant.





Je repasse plusieurs lavis de différents bleus pour l'eau, en laissant sécher entre chaque passage, jusqu'à obtenir les valeurs souhaitées. 4 passages seront nécessaires, voire davantage, tout dépend de votre façon de doser le pigment dans votre pinceau.

Quatrième étape :


Je pose différents tons sombres à l'intérieur des joncs pour leur donner du relief, puis je retire la gomme à masquer.




Pour cela, j'utilise un gant de toilette que je frotte sur le papier.


 AVANT :


APRES :







Détail des joncs, avant et après retrait de la gomme à masquer.






Détail des reflets,  après retrait de la gomme à masquer.





Détail des sombres posés pour donner du relief aux joncs.




Photo référence



Résultat presque terminé, j'ai enrichi les détails des maisons, il me reste à affiner les reflets:
 Demain ! 
Ce sera le moment d'utiliser les rehauts d'opaques !



Je poserai aussi un dernier lavis bleu sombre pour enfoncer le bas des joncs dans l'eau.

NB : J'ai été très surprise par le temps de séchage très long du papier Arches, plus long que le papier Moulin du Coq que j'emploie habituellement. Sans doute les fibres de coton retiennent-elles mieux l'eau que les fibres en cellulose, et cela, ici, malgré l'absence de trempage préalable.






Voilà le résultat final, j'ai utilisé des opaques en petites touches pour donner des matières aux baraques flottantes et aux barques, puis, j'ai affiné certains blancs à l'aide d'un petit feutre fin Derwent.

La transposition en noir et blanc permet de bien visualiser le travail des valeurs.
C'est une composition un peu déconcertante pour les occidentaux car les masses sombres positionnées à droite sont à l'inverse de ce que l’œil habitué à lire de gauche à droite attend.
Je suis contente de cette inversion inattendue. Les formats carrés obligent à chercher loin des sentiers battus des compositions un peu différentes de celles auxquelles nous sommes un peu trop formatés.
Ici, l’œil curieux finira sa course en haut à droite et se régalera (je l'espère) des textures que j'ai cherché à y créer.




jeudi 12 février 2015

Quel papier pour quel aquarelliste ?



Lectrice assidue de blogs en tous genres concernant la peinture, je reçois et je lis pas mal d'articles techniques consacrés au choix du papier pour l'aquarelle.
Chacun a (il faut l'espérer quand on écrit un blog sur la peinture - mais souvent je me pose tout de même des questions-) ses propres expériences concernant les techniques. Par exemple, je ne me risque pas à donner des conseils à quelqu'un voulant travailler l'huile sur toile, car je n'ai pas fait suffisamment d'huile pour en connaître à fond toutes les propriétés.
Ce que je sais, n'en déplaise aux marchands de fournitures, c'est qu'il est bien rare d'avoir un excellent conseil en magasin. Les marchands, en général, suivent les avis des fournisseurs, qui ont tout intérêt à vanter les mérites de leurs produits.
Rien ne vaut les conseils d'un artiste expérimenté qui pratique - encore et toujours - son art.
Une toile, un papier, c'est bien plus qu'un produit, pour  un peintre.
Une toile, un papier, un pinceau, un pigment etc ... ce sont des compagnons de route sur les chemins de la création. Il s'agit d'y trouver son compte (financièrement, car beaucoup d'artistes ont peu de moyens), mais il s'agit surtout d'y trouver un accord entre le désir de peindre et la projection de la réalisation qu'on souhaite faire.
Choisir un papier ne se décide donc pas sur un coup de tête ou en lisant un dépliant.


Je ne peux parler que de ma propre expérience et des savoirs que m'ont transmis les artistes avec lesquels j'ai travaillé. Ceux -ci d'ailleurs ont peut-être, depuis le moment où j'ai pu faire un stage avec eux ou échangé, changé de papier en cours de route.

Au début de mon enseignement j'ai utilisé le papier Arches, d'excellente fabrication, ce papier français est l'un des grands favoris de nombreux artistes de pointure internationale.




Bloc papier Arches aquarelle - 300g - Grain fin
Le papier Aquarelle Arches est fabriqué sur forme ronde, gélatiné et séché à l'air. Sa composition 100% chiffon, sans acide et sans chlore lui assure résistance et stabilité. Ce papier vieillit sans jaunir et n'altère pas les pigments des couleurs.
C'est le papier qu’utilisait Corinne Poplimont qui fut mon premier professeur d'aquarelle. ;)
Ce papier est d'une grande exigence. Il n'autorise les repentirs que dans le frais, et requiert une grande attention au moment de la préparation des couleurs, car une fois déposés, les pigments s'enfoncent profondément dans les fibres de coton et ne pourront pas être beaucoup atténués, donc, pas vraiment d'erreur possible.

On peut , bien sûr, passer le travail sous l'eau si on veut atténuer des jus, ou des teintes trop violentes, mais les résultats en vue de corrections importantes seront mitigés. 

Mon avis : 

C'est un papier qui convient aux personnes patientes, attentives, appliquées, et humbles, qui auront la patience de faire et de refaire, au lieu de vouloir "rattraper". 
Le grain torchon ne camoufle rien, au contraire, il peut accentuer des erreurs de dessin, notamment au niveau des courbes, les cavités du grain ont tendance à fausser les lignes. Pour une plus grande précision, préférer le grain fin.
En outre ce papier supporte difficilement un trempage long (au delà de 10 minutes, la gélatine s'en va), il convient donc mieux aux techniques sèches qui ne nécessitent pas de trempage envers/ endroit.
La présentation sur bloc est idéale car on ne détache pas les feuilles avant la fin du travail et le papier reste assez longtemps bien attaché aux quatre coins (à condition de ne pas mouiller trop abondamment ou plusieurs fois la feuille).


Après quatre ou cinq ans de pratique en cours avec l'Arches, j'ai viré ma cuti et j'ai opté pour un papier en cellulose.

On retrouve dans l'opposition qu'on fait souvent entre les deux grands types de papiers classiques (coton et cellulose) la même opposition qui peut parfois exister entre les tenants des techniques "sèches" et des techniques "humides".
Des grands artistes utilisent les papiers en cellulose, qui n'ont plus rien à envier en qualité aux papiers à base de coton. Reine Marie Pinchon et Ewa Karpinska (site en construction à ce jour indisponible) l'utilisaient lorsque j'ai suivi des cours ou des stages en leur docte compagnie ;)) 






Ce papier existe sous plusieurs présentations, et tout comme l'Arches, on le trouve en blocs, en feuilles et en rouleau. 

C'est un papier qui se tend très bien sur châssis nu. D'un blanc plus lumineux que l'Arches, en grain fin, il est idéal pour les trempages longs et répétés. Je l'utilise en 300 grammes. Il supporte très bien les retraits de couleurs: dépigmentations et repigmentations, c'est là son grand atout. 

Par rapport au papier Arches, il supportera donc moins bien les glacis successifs et saturera plus vite.
Si vous voulez faire des glacis sur ce type de papier, utilisez de préférence un pinceau à lavis très doux ou une martre. Bien laisser sécher entre chaque passage.

Mon avis :

Ce papier, moins onéreux que l'Arches, conviendra mieux aux personnes aimant les expérimentations en mouillé sur mouillé.Attention de bien marquer l'envers, les retraits y étant moins efficaces que sur l'endroit. Prévoir un châssis nu d'une taille légèrement inférieure au format de la feuille pour pouvoir agrafer le papier sur l'envers de celui-ci. Vous pourrez de ce fait remouiller facilement juste l'envers de façon à ne pas du tout perturber les couleurs déjà déposées sur l'endroit, même en cours de séchage.
Une autre façon de l'utiliser en mouillé sur mouillé est de le laisser se plaquer sans appuyer sur une plaque de plexiglas qui maintiendra longtemps l'humidité dessous et dessus, et permettra également de déplacer facilement le travail.
Prévoir une serviette éponge.


Le papier que j'utilise avec prédilection depuis maintenant quelques années est le Moulin du Coq, le Rouge. Papier cellulose, il présente un grammage légèrement supérieur au Montval. D'un rapport qualité prix assez imbattable, je le conseille en format bloc de 100 pages aux élèves.




Pour mon usage personnel, je le découpe à partir d'un rouleau , ce qui me permet d'avoir des formats atypiques que j'affectionne. Je n'apprécie pas le côté ligné de l'endroit, qui donne un peu un aspect "toilé", et je l'utilise donc sur l'envers. Ses qualités sont les mêmes : retraits faciles, glacis successifs possibles dans une certaine mesure avec des martres douces.
J'aime beaucoup aussi le Cornwall de chez Moulin du Coq, mais il est plus difficile d'usage. Il permet de nombreux glacis.


Les autres papiers que j'emploie de façon occasionnelle sont nombreux, en voici deux, bien particuliers:

- le yuppo vendu par la marque Lana sous la terminologie "lanavanguard"






En polypropylène, ce "papier" (mérite-t-il encore cette appellation ??) permet tous les effets aquarelle (auréoles volontaires, dégoulinades, retraits etc ...). Il est très apprécié des artistes qui recherchent des matières, et de plus, étant très blanc, il est très lumineux et permet à la fameuse qualité de transparence de l'aquarelle de s'exercer dans toute sa splendeur. 
Mes élèves un peu iconoclastes l'aiment bien, car il ne faut pas avoir peur des surprises pour employer le yuppo. Les glacis sont ici hautement improbables, il faut tout miser sur le premier jet, mais comme ça sèche très très lentement, on peut beaucoup revenir dessus, voire tout effacer d'un magistral et débonnaire coup d'éponge et tout recommencer ! ;)
C'est donc un papier ludique, idéal pour se confronter aux particularités de l'aquarelle, sa fluidité, et les qualités intrinsèques de chaque type de pigment.
Je le déconseille aux personnes qui veulent "maîtriser" l'aquarelle...ou alors, comme thérapie :))





- Le papier satiné

Plusieurs marques commercialisent du papier satiné, mais bien sûr j'ai utilisé principalement Arches.
C'est le papier le plus exigeant que je connaisse, ou le plus limité...c'est selon. 
Pas de retrait possible, tout y glisse. C'est un peu comme un yuppo où on ne pourrait rien enlever...
il est utilisé par des artistes d'une grande précision ou qui ne repassent pas sur leur premier jet. Très blanc, il donne lui aussi, beaucoup de luminosité aux sujets traités.




Je ne m'en sers pas pour mon travail car je ne le trouve pas assez "plastique". J'aime la valse hésitation des pigments, j'aime pigmenter et dépigmenter, j'aime aussi brutaliser un peu le papier, le pousser dans ses derniers retranchements. Le satiné n'est pas pour moi, le temps de travail n'y est pas assez long. J'en apprécie néanmoins la lumière dans certains portraits notamment. En dessin, à la plume, pour moi, il est parfait.

Comment ne pas mentionner également le papier Sennelier, qui est aussi un régal de papier ...





En résumé, chacun trouvera un papier à sa convenance en fonction des exigences de sa pratique. 
Il n'y a pas un papier type qui convient par nature aux débutants ou aux artistes confirmés. Tout au plus, le rapport qualité/prix ou alors la technique visée par l'apprentissage en cours conditionnera l'achat de tel ou tel type de papier. Néanmoins, le fait de pouvoir laver facilement une partie du papier est très apprécié par les élèves, qui s'en trouvent rassurés et prennent ainsi plus vite confiance.
Les papiers sont plutôt à choisir en fonction des techniques qu'on aime utiliser, ou du taux d'humidité qu'on veut avoir pendant son travail. Un adepte des glacis n'utilisera pas le même papier qu'un adepte des enlevés...


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lundi 19 septembre 2011

Peindre à l'aquarelle sur châssis



A l'aquarelle on peut peindre sur toutes sortes de supports, le plus à la mode actuellement étant le yuppo, ou Lanavangarde et tout  support plus ou moins résiliant à la pénétration de l'eau, type papier photo etc...pas vraiment besoin de tendre ces machins là.
Néanmoins ça peut être plus facile, surtout si vous travaillez sur chevalet de le fixer (punaises, scotch , pinces ...) sur un support que vous déplacez facilement sans abîmer votre travail.

Coton, cellulose, peu importe la nature du papier ...il se peut que vous ayez envie de le tendre s'il ne tient pas tout seul sur votre table de travail ou votre chevalet. (Oui, ça existe aussi les papiers  bien lourds qui tiennent tout seuls et qu'on n'a pas besoin de tendre).
Il y a aussi des peintres qui n'éprouvent pas le besoin de tendre leur papier et qui le posent tout simplement, sur une surface lisse, ou sur une serviette éponge, et pourquoi pas un drap humide comme Blanche Odin parait-il le faisait. Mais personne ne sait exactement comment elle peignait car il y a peu de témoignages d'époque à ce sujet.

On va donc en rester au papier classique et là, tout à coup, j'ai envie de le tendre sur un châssis.
Je rédige cet article un peu dans la colère car, tendant mon papier depuis plusieurs années de cette façon, je me suis encore fait avoir ...

A ne pas faire:
          * Mouiller le papier sous la violence de la douche ... la cellulose contenue dans les fibres est alors fort mise à mal et vous vous retrouvez avec un papier criblé de tâches transparentes... ben oui, tout fout le camp, la cellulose aussi. Le papier est alors quasiment irrécupérable ...il vaut mieux dans ces cas là avoir du stock et ne pas avoir de souci de trésorerie.
On peut éventuellement le gessoter et s'en servir autrement...
Il faut mouiller votre papier délicatement sans frotter et sans appuyer vos doigts un peu partout.. L'idéal je crois c'est le spa ou la piscine. Enfin, tout dépend de vos formats ... et de l'entretien de votre piscine. (je déconseille formellement les piscines municipales qui ne sont pas équipées pour cet usage). 
Si vous ne pouvez pas le tremper entièrement dans un récipient suffisamment grand, utilisez une grosse éponge et humidifiez largement des deux côtés, sans frotter.

           * Poser le papier sur le mauvais côté du châssis.
Sur les châssis il y a un côté aplani et un côté en pentes... poser le papier envers contre côté pentu...et agrafez.

            * Tendre trop ou pas assez.
Une bonne agrafeuse qui ne vous lâche pas en route est bien utile. Pensez à remplir la réserve d'agrafes avant de commencer à agrafer...sinon vous vous retrouvez avec votre papier qui dégouline lamentablement et qui s'abîme en se pliant ou en glissant du châssis et ça c'est ch.... extrêmement désagréable.

            * Tendre le papier à l'envers.
Certains papiers ont un envers et un endroit. Avant de le mouiller, pensez à marquer l'envers ou l'endroit (enfin rappelez vous quel côté vous avez marqué, sinon, ça ne sert à rien, nous sommes bien d'accord). Je pense en particulier au Moulin du Coq vendu en rouleau qui présente un côté tramé et un côté lisse, ou encore au Montval dont les deux côtés se ressemblent terriblement une fois le monogramme perdu (l'endroit est du côté où Canson s'inscrit mais si vous découpez la feuille en plusieurs morceaux...là, ça se complique) et qui n'est pas terrible pour les enlevés sur l'envers. L'Arches grain fin ou torchon est réversible, même si les deux côtés ne réagissent pas tout à fait de la même façon et si le grain est légèrement différent sur chaque face.
Les rouleaux sont enroulés côté endroit au dessus.
Si vous tendez trop votre papier, les côtés se déchirent lors du séchage ou plus tard, lors des remouillages successifs.



Le conseil à la noix du jour:
Testez cette technique d'abord sur de petits châssis