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lundi 21 avril 2025

A la perfection nul n'est tenu ...et pourtant !


D'aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais rien peint qui me semble "parfait". 

Je suis toujours dans une urgence, qui me fait passer au tableau suivant. Je le voudrais plein "d'adorables défauts" (comme le dit mon fils à propos de la femme qu'il recherche)… Ainsi se veulent mes réalisations. 

La perfection est pourtant accessible, il faut beaucoup d'abnégation, beaucoup de technique, enfin je crois...car ce n'est pas dans mon caractère et je me suis vite lassée, par exemple, d'essayer de rivaliser avec un appareil photo numérique. Je vois dans cette perfection là, surtout en aquarelle, quelque chose de trop lisse. 

Et puis les critères différent tant d'un œil/esprit/cœur, à l'autre.

Ce qui me manque souvent, car je suis une peintre solitaire, c'est le regard extérieur, celui, averti, qui pointerait une erreur rédhibitoire, qui condamnerait mon tableau-en-devenir à n'être qu'une esquisse, et qui ferait de lui un précieux repoussoir pour un nouvel essai.

Je reste persuadée que chacun d'entre nous ne peint que ce qu'il aime. Nous peignons ce que nous ne trouvons pas ailleurs. Nous peignons quelque chose qui nous manque.

Mais les tableaux, in fine, ne sont, bien sûr, pas faits pour le peintre. 

Ils sont faits pour exister dans le regard de quelqu'un. Alors, mieux on les prépare, plus ils ont une chance d'être désirés, puis, adoptés.

Alors, bien sûr, les passages répétés de nombreux collègues peintres à la maison, lors des stages que j'organise sont l'occasion d'échanges souvent très riches. Néanmoins, les regards d'un peintre sur le travail d'un autre, qui plus est contemporain, qui plus est, physiquement auprès de lui, ne sont pas toujours des plus spontanés. 

La fluidité des échanges avec mes visiteurs et visiteuses m'en dit long. Il faut savoir accepter les bonnes et les mauvaises critiques, ce qui n'est pas des plus facile, même en vieillissant.



Max ERNST 1922 Au rendez-vous des amis


Les expositions aussi sont un bon boomerang. Rien de pire bien évidemment que l'indifférence. Mais il faut se préparer à tout. Le petit monde de la peinture est un monde où les rivalités sont exacerbées, surtout en ces temps de crise qui perdurent.

Je n'ai jamais vendu autant de tableaux que lors de ma toute première expo, et là, je peux vous assurer que mes aquarelles étaient très loin d'être parfaites !

Et pourtant !






samedi 18 juin 2022

Aquarelle ratée ou pas ratée ?

 








En aquarelle, comme dans n'importe quelle technique dite créative, c'est toujours compliqué d'estimer son propre travail. Les canons classiques ont volé en éclat et ne facilitent pas l'estimation (ou l'estime) que nous sommes parfois amenés à donner.
Nous sommes portés par nature et par formatage culturel vers certaines "œuvres" plutôt que vers d'autres. Le mélange de nos deux facettes ne facilite pas non plus la tâche.
Bah, ne faut-il pas se laisser aller vers ce qui attire notre œil ? Je me suis retenue de dire : vers ce qui nous tape à l'œil, car ce serait bien quand même, je trouve, de garder un tout petit peu de dignité. Mais là encore quelle est la jauge ?
Bon, l'art est iconoclaste. Autant dire qu'il se fiche des baffes devant le miroir qu'il se tend. Alors voici quelques exemples, que j'ai trouvés en fouinant dans certaines galeries d'art (donc ça doit être bien ? se dit le quidam que je suis parfois).
On peut en penser ce qu'on veut, ces réalisations, qui vont, pour ma part, assez à l'encontre de ce que je recherche en matière d'art, valent ce qu'elles valent, qui peut en juger ? Pourvu qu'un mur de salle de bains, de chambre, de salon, voire de galerie leur accorde le droit de cité







La frontière est souvent faible entre ce qu'on aime et ce qu'on tolère. Je suis assez attirée par certains peintres qui ne fignolent pas, qui s'éloignent des canons classiques et qui je l'espère bien se fichent pas mal de ce qu'une obscure animatrice en arts plastiques peut bien raconter à ses élèves. 


Voici quelques exemples de ces artistes ayant emprunté des chemins de traverse qui m'attirent aussi :


Yolanda DORDA




Peintre chinois dont je n'arrive pas à déchiffrer le nom...




Martha Zmpounou



Nous voici donc bien loin de nos papiers bien tendus qui ne font pas de vagues, de nos angoisses concernant les auréoles, ou de nos sempiternels atermoiements concernant l'usage des couleurs (transparentes ou opaques ? Ohlala !!).

Je suis, par mon métier, souvent amenée à être juge et partie lorsque l'un de mes moussaillons en aquarelle sollicite mon avis, ou pire, torpille sa réalisation. Aussi ces questions sont-elles récurrentes dans ce journal. Voilà donc encore des petits pas sur ce long cheminement, un petit tour un peu zigzaguant des chemins d'eau sur lesquels nous nous laissons parfois emporter...

Bonne réflexion à vous tous !








dimanche 30 août 2020

Transparence de l'aquarelle et jus de chaussettes

 

Ça fait un petit moment que je n'avais pas jeté de pavé dans la grande mare de l'aquarelle amateure, alors je me suis dit que ça pouvait être bien de faire quelques petits rappels- qui n'engageront que moi-. 

Je vois beaucoup d'aquarelles qui circulent sur le web, à notre époque où tout un chacun peut demander implicitement à de grandes firmes de stockage de données de conserver précieusement leurs "œuvres" publiées sur le web,il faut bien le dire: on voit tout et n'importe quoi. Tant et si bien que les critères d'appréciation -toujours très troubles et très circonstanciés- sont de plus en plus flous. 

Nonobstant, il est bon de rappeler que la transparence de l'aquarelle n'a rien à voir avec ces espèces de jus de chaussettes à propos desquels nombre d'aquarellistes en devenir semblent s'extasier.

Oui, on peut faire plus que trois glacis sur une aquarelle sans boucher celle-ci.

Non, une aquarelle transparente n'est pas une aquarelle de tons clairs.

Oui, on peut multiplier les coups de pinceaux sur une aquarelle.

Non, une belle aquarelle n'est pas forcément "légère" ni "vite faite".

Oui, on a le droit d'aimer des petites aquarelles sans prétention.

Non, je ne renoncerai pas à en demander davantage à un/e aquarelliste digne de ce nom.

Oui, on peut se faire plaisir en publiant sa modeste production.

Non, je ne renoncerai pas à exiger la qualité pour les expositions.

Je pense qu'on manque, comme à la fin du XIXème siècle, toujours très cruellement de culture picturale en aquarelle. Rares sont les personnes qui cherchent à bien connaître leur matériel: le broyage des pigments, les propriétés des liants, la particularité de la fabrication des papiers etc...

Rappelons donc que la TRANSPARENCE de l'aquarelle c'est la capacité plus marquée de certains types de pigments à laisser la lumière se répercuter sur le blanc du papier. Une aquarelle faite avec des tons foncés peut donc (et je dirais même doit) être tout aussi transparente qu'une aquarelle de tons clairs.

Densifier un pigment dans l'eau de façon à rendre le mélange eau/pigment crémeux n'est pas interdit.

Ce qu'on appelle parfois "gouacher" c'est épaissir le pigment jusqu'à le rendre opaque. Cela peut aller parfois jusqu'à former une pellicule brillante sur le papier comme si on avait posé le pigment tout droit sorti du tube. Que cette pratique soit admise ou non, j'aurais tendance quant à moi à dire : peu importe pourvu que le résultat soit à la hauteur de ce qu'on peut espérer d'une bonne peinture.

En tout cas, peindre avec du "jus de chaussettes" pour moi, n'est en rien un gage de réussite en ce qui concerne l'aquarelle. Je ne vois là qu'une pratique peu audacieuse et timorée, et je ne souhaite pas que cela soit confondu avec de la douceur ou de la délicatesse.

Qu'est-ce qu'une bonne peinture ? cela reste un mystère et c'est cela qui est bon et beau, et vrai.





Blanche Odin















vendredi 26 janvier 2018

Cézanne ou l'art de déplaire




"Au début, lorsqu’il arrivait qu'une toile soit montrée au public, elle surprenait, dérangeait, choquait, provoquait l'hilarité ou le mépris"page 58

Dans son livre adressé à Cézanne, Charles Juliet évoque l'insuccès de celui qui est à présent considéré comme l'un des meilleurs peintres de notre histoire de l'art..." votre oeuvre a été en grande partie nourrie par tout ce qu'il a fallu vaincre pour être en mesure de l'édifier", "qu'on vous ait à ce point méconnu est somme toute conforme à la nature de la quête dans laquelle vous étiez engagé."page 61

A lire ce magnifique petit livre on aurait presque tendance à se dire que si personne n'aime les tableaux qu'on fait, si l'indifférence et la solitude sont le lot quotidien de plein d'aspirants artistes, c'est plutôt bon signe , signe qu'ils ont quelque chose ...de différent qui fait qu'ils n'ont pas encore leur place, mais que peut-être, si tout va bien, lorsqu'ils seront très très vieux ou très très morts, quelqu'un les déterrera et leur oeuvre avec eux, ou inversement, et qu'à la face du monde des investisseurs, collectionneurs et critiques de tous poils, ils entreront dans le monde des ventes aux enchères ... Ça fait drôlement rêver !








Evidemment , ce n'est pas aussi simple, et précisément,  rien n'est plus difficile à atteindre que la simplicité. "Je veux être simple. Ceux qui savent sont simples" Paul Cézanne

"l’œil et le cerveau, tous deux doivent s'entraider" Cézanne
Regard, sensation, personnalité, exigence de justesse mais aussi substance, fibre, soif, blessure, conflits, feu intérieur, Charles Juliet parvient à travers des mots choisis comme des galets sur une plage, un à un, en une cinquantaine de pages, à puiser l'essence de qui fut le peintre Cézanne.




"Il me plait que vous n'ayez pas eu de maître, n'ayez suivi aucune formation. Vous ne faisiez confiance qu'à vous-même, à ce que vous éprouviez, à l'obscure intuition qui vous guidait. Il est évident que l'art ne s'enseigne pas." Page 22



http://www.ina.fr/video/CPD06020123
Une vidéo de l'INA où Charles Juliet parle de Cézanne.








dimanche 5 novembre 2017

L'aquarelle opposée à la technique







La technique en aquarelle m'ennuie au plus haut point, le n'importe quoi en aquarelle m'ennuie tout autant, voilà, c'est dit.
D'ailleurs j'aurais pu faire court en écrivant : "la technique m'ennuie"et le "n'importe quoi "aussi, parce que dans la vie c'est pareil, quoi de plus ennuyeux qu'une vie parfaitement réglée ? quoi de plus affolant qu'une vie complètement livrée au hasard ?

Comment naviguer entre ces deux extrémités sans se lasser, sans se perdre, sans se décourager, sans se fourvoyer, sans perdre sa personnalité, son âme ?

Les questions sont multiples, elles ont l'immense avantage d'être le début des réponses.



aquarelle de Nestor Lopez Cazas



Je vous entends déjà vous écrier "ah oui, mais la technique, comment s'en passer ?"

En aquarelle, les techniques dépendent beaucoup du matériel utilisé, on le sait tous.
Elles dépendent aussi et surtout de la personnalité du peintre, de ses goûts, de sa culture parfois ...

En fonction du papier utilisé, des formes et contenances des pinceaux, en fonction de la consistance et des propriétés des pigments, les résultats varient énormément. C'est vrai.
C'est pourquoi on pourrait effectuer mille tests à propos de tous ces éléments, sans jamais avoir asséché les possibilités infinies qu'ils permettent ! (oh l'ennui des tests !)

La connaissance de quelques bases est toujours utile, mais des personnes très observatrices, très sensibles, très intuitives ...et libres n'auront peut-être pas besoin de les apprendre !
Lorsque je vois des personnes couvrir des carnets de petites notes, je leur demande toujours si elles les relisent : 90 % me disent que non ...On peut donc substituer avantageusement une pratique régulière, avec quelques outils bien choisis, à un apprentissage théorique parfois mal assimilé.

Comme pour tout apprentissage, la pratique, la répétition, l'exercice sont absolument nécessaires. Rien de pire que de ne pas peindre pendant deux ou trois mois. On s'étonne alors d'avoir tant de mal à accomplir le moindre geste de base comme celui de remplir correctement le pinceau (la jupe !). On a oublié les petits trucs pratiques comme se pencher pour regarder comment la surface du papier brille ou pas ! Enfin on ne comprend plus ce phénomène météorologique primaire qu'est la formation d'une auréole !

Igor Mosiychuk


On peut alors pratiquer l'aquarelle de façon assez ludique, pour s'y remettre, avec des exercices sympas comme des mouillages dans lesquels on laisse fuser différents pigments, des pulvérisations à tout va, des lavis glissants comme des coulées de lave du haut en bas de la feuille etc ...
On retrouvera là-dedans des étonnements oubliés, des sensations de lâcher prise, des interrogations aussi, des comment ça marche ? et pourquoi ça réagit de cette façon ?
Bref, on s'amusera, et ça ne fera pas de mal !

La technicité intervient à d'autres niveaux. On se demande souvent quels sont les critères qui vont différencier telle aquarelle de telle autre...
J'ai souvent remarqué, et c'est valable pour tous les médiums, que de la plupart des travaux plébiscités dans les salons ou les galeries par une majorité de personnes, se dégage ce que j'appelle "la propreté". Je veux dire par là qu'on y retrouve souvent une finition qui permet une lecture du tableau sans accroche. On n'est heurté par rien. Il n'y a pas un coup de pinceau de travers, ni en trop, tout semble A SA PLACE.


                                                                                      Carrie Waller "ampoules"

C'est très rassurant, visuellement aussi , de ne pas être heurté.
Beaucoup d'entre nous exigent ça de l'art.

Il en est tout autrement pour les œuvres, en particulier pour celles dites "contemporaines", où d'autres critères entrent en jeu et prennent le pas sur la technicité.


Georges Rouault






***
Pour finir, je ne sais pas si vous savez qui a fait ce tableau, ce ciel plein d'auréoles, ces couleurs heurtées, pas d'ombres ...Souvent en le regardant, je me dis qu'il ne passerait sûrement pas la sélection de la plupart des salons d'aquarelle que nous fréquentons. Et ça fiche une sacrée claque ...mais des claques, Vincent , il en a reçu toute sa p... de vie ...











***  Bateaux de pêche sur la plage, Van Gogh
musée de l'Ermitage

vendredi 7 octobre 2016

20000 et plus si affinités



Ça y est ce blog a allègrement dépassé les 20000 pages lues.
Je n'ai aucune idée si ça représente beaucoup ou pas pour un blog du type du mien...c'est à dire un blog gratuit, sans prétention culinaire particulière.
Les pages qui font le plus recette sont celles qui sont plus démonstratives comme "le chat au pulvérisateur" (sans aucune matière grasse bien sûr), ou quel papier pour quel aquarelliste ? (Nous parlons ici de papier aquarelle évidemment).

Facebook a pris le relais de la plupart des blogs. Et là les échanges, qui sont d'une profondeur stupéfiante, sont très nombreux.

Tout change et tourne. En tout cas, force est de constater que le dialogue espéré à la création de mon ex ex blog est au point mort. J'avoue que je n'ai plus la même pêche pour présenter des aquarellistes et des peintres que j'aime. Beaucoup d'autres le font et mieux que moi.
Je continue bien sûr mon petit chemin virtuel ici avec les égarés du web qui continueront de tomber sur ces pages par le plus grand des hasards, étonnée tout de même que parmi les personnes venant à l'aquarelle, de plus en plus nombreux sont ceux qui ignorent qui est Jean Louis Morelle, ou qui pensent que peindre des cartes postales de Noël en "grand format" (genre raisin ;)) c'est de l'art.

Tout ça n'a aucune importance.
Allons voir plus loin !


















vendredi 29 janvier 2016

Stage d'aquarelle à Toulouse avec Miguel LINARES lundi 7 mars

3 février : MERCI à vous qui avez pris le temps de lire cet article ! le stage va avoir lieu c'est super !
Finalement ce sera au magasin Dalbe, le covoiturage est toujours d'actualité !

Pendant la prochaine biennale d'aquarelle de Toulouse, de nombreux stages sont proposés, c'est toujours difficile de faire un choix, mais ce qui est encore plus difficile, c'est d'accepter que les centaines d'aquarellistes amateurs de la région toulousaine boudent des stages alors qu'on les leur offre sur un plateau, et que toute une équipe de bénévoles se décarcasse pour faire venir des artistes...peut-être pour rien !

On ne peut pas toujours se plaindre que rien ne soit fait à Toulouse en dehors du rugby et prendre des prétextes fallacieux pour ne pas participer à la plus grande fête de l'aquarelle du coin !

J'ai donc choisi le stage avec Miguel Linares, il ne dure qu'une seule journée et il est tout à fait abordable : 60 euros pour six heures d'aquarelle !

 C'est le lundi 7 mars, on a encore besoin de trois ou quatre inscriptions pour que ça marche !






Ça se passera chez Chantal Valles, pas loin du pont des demoiselles, rue Fauriel, à Toulouse, dans son atelier. C'est sympathique, il y a du café du thé des gâteaux, un jardin et Finalement ça se passe avenue d'Atlanta, chez DALBE ...il y a largement de quoi se garer juste à côté. Je propose un covoiturage pour les frileux de la carrosserie.

Linares n'est pas une petite pointure, il participe à de nombreuses expos partout dans le monde, il a même poussé le bouchon jusqu'à exposer à Shenzhen, oui, en Chine ! Moi j'ai vu ses aquarelles à Bruxelles et je n'ai pas été déçue. 









C'est lâché, c'est mouillé, c'est fondu, c'est fantaisiste, ça me rappelle un peu beaucoup Arush Wotsmush que j'aime beaucoup aussi.

Donc, vous l'avez compris , si on ne remplit pas ce stage là je serai très très triste. (je dis ça pour mes élèves, qui savent que je suis encore plus insupportable quand je suis triste)...

Alors j'attends une mobilisation générale pour qu'on squatte tous chez Nicole et Dominique Chantal, qu'on leur lui boive tout son leur thé et qu'on lui leur descende sa réserve d'essuie tout ! (et de PQ...ben oui ... le thé...)


Pour vous inscrire contactez Pascale BOSC à toute heure du jour ...
06 18 02 39 47
pascalebosc31@gmail.com







dimanche 4 octobre 2015

APPRENDRE L'AQUARELLE : Est-ce dangereux ? ;)




Deux élèves en train d'affronter les risques de l'apprentissage ... ;))
positions non ergonomiques...aucune protection solaire ...ah la la ...


Manipulation dans des conditions extrêmes de produits toxiques (gomme à masquer pleine d'ammoniaque...)
Usage abusif d'objets non adaptés dans des conditions dangereuses (morceau d'os possiblement contondant, mégots -beurk-)...sans compter la projection potentielle de gomme à masquer avec la brosse à dents dans l’œil du voisin ...pfiou



Apprendre l'aquarelle est-ce dangereux ? J'étais tranquillement allongée dans mon lit à bichonner ma hernie discale lorsque cette pensée m'est revenue...Si souvent je me heurte dans mon métier d'animatrice à des réflexions d'élèves dépités qui auraient tendance à aller dans ce sens. Si souvent j'ai envie de leur dire : "n'ayez pas peur" !
La plupart du temps je prends alors l'exemple de l'apprentissage de la conduite: rappelez vous combien de temps il vous a fallu pour maîtriser toutes les commandes de base! Les subtilités de la conduite ne sont pas venues tout de suite, il a fallu d'abord des heures de cours pour se sentir à peu près à l'aise, et se confier à des réflexes bien rodés, n'est-ce pas ? 

Les adultes sous estiment la pugnacité qu'il leur a fallu pour apprendre tout ce qu'ils savent.
Ils croient avoir appris avec facilité, sans entrainement pour certains, ils ont oublié leur belle motivation qui à l'époque, les a poussés à apprendre un métier ou à conduire.
Il en est de même pour l'aquarelle a priori ;)

De même ? ..pas vraiment !

Quand je prends le volant j'oublie que je mets ma vie et celle des autres potentiellement en danger.
N'importe qui peut être à l'origine ou bien victime, d'un accident sur la route.
Le danger là, c'est la mort. Combien d'entre nous y pensent avant de monter en voiture ? presque personne, et heureusement !
Pourquoi ne pas avoir une infime partie de cette inconscience lorsque nous entreprenons d'apprendre l'aquarelle ..? et qu'on ne vienne plus me dire qu'on se "met en danger " en improvisant en peinture ! 
Un peu de décence, de retenue, un peu moins d'ego, un peu moins de mise en scène ne nuirait pas à l'aquarelle, que ce soit de la part des professionnels ou des amateurs, purée, ça ferait du bien !!

Apprendre l'aquarelle, ce n'est pas dangereux ! peindre n'est pas "risqué" ! 
On y a tout à gagner, en tout cas, il faut s'interroger sur la souffrance à peindre, ou la souffrance à apprendre...on ne devrait y ressentir que de la joie, de la curiosité et de l'étonnement ! Si vous ressentez de la souffrance dans ce que vous faites c'est que vous vous trompez. Vous n'êtes pas là où il faut, ou bien, vous n'avez pas laissé tomber des désirs trop grands, des aspirations irrationnelles. 

Redevenez des enfants, des enfants qui n'ont rien à prouver, qui s'expriment, tels qu'ils sont, au fond.




PS : Cette nuit j'ai rêvé que dorénavant, il fallait faire les démos accroché à un trapèze, la tête en bas ...serais-je traumatisée ? ;)) mouahahaha




mardi 1 septembre 2015

Épreuves d'artiste



Je suis fière de vous présenter les couvertures de mes deux futurs ouvrages. 
L'un est une monographie retraçant mon travail avec Maud de 2010 à 2013, l'autre est un "anti" manuel d'aquarelle, reprenant et compilant la plupart des conseils que je donne en cours depuis treize belles années !




Les premiers "bons à tirer" sont arrivés ...encore une nouvelle étape pour deux étés de travail de mise en ordre de mes idées et de mes illustrations.




Pourquoi "anti" manuel ? ... parce que des manuels très très sérieux écrits par des aquarellistes très très sérieux, il y en a beaucoup déjà...et comme moi ce que j'aime c'est m'amuser et prendre plaisir à enseigner, c'est dans cet esprit un peu léger et impertinent que j'ai tenté de rédiger mes conseils de pro. Je suis en train de penser à la deuxième partie, a priori, il y en aura au maximum trois... Mais il est possible aussi que je compile tout en un énôôôrme bouquin :)




Quant à ce petit bijou là, c'est le prolongement de mon exposition à la galerie des Carmes en mai 2014 où j'avais pu exposer la quasi totalité des aquarelles réalisées avec Maud comme modèle, comme muse, devrais-je dire ! Ici beaucoup d'illustrations, et seulement quelques textes forment un ensemble que j'ai voulu représentatif de mon travail de peintre, très différent de mon travail d'animatrice. 





lundi 20 octobre 2014

Qui est le / la meilleure aquarelliste de France ?




Quelle étrange question?  Et pourtant je suis sûre que vous vous l'êtes déjà posée ou que vous la posez régulièrement  à vos ami(e) passionné(e)s par notre charmant medium de prédilection ...

La réponse aurait été plus simple à donner il y a une vingtaine d'années quand l'aquarelle n'en était qu'à ses balbutiements en France, alors qu'elle nageait encore dans les eaux tumultueuses des salons parisiens et banlieusards en tout genre, et que chaque village ou presque possédait sa valeur sûre en la personne d'un adorable vieillard ventripotent qui avait à son actif vingt cinq mille versions de l'église du coin ou du petit port de pêche attenant au bar du cru.

En 1992, Jean Louis Morelle n'avait pas encore eu l'opportunité de publier ce qui allait servir de bible à la plupart des aquarellistes qui le suivraient, personne ne connaissait le nom d'Ewa Karpinska et je ne sais pas qui collectionnait des aquarelles ...c'était de toute façon sûrement plutôt des Léonor Fini, des Raoul Dufy, des Marie Laurencin ou des Hillaire... qui s'entassaient alors dans les placards à papier à l'abri de la poussière et de la lumière (et accessoirement des crottes de mouche).

Bien malin aujourd'hui, dans la masse des expositions spécialisées es aquarelle, celui ou celle qui saurait donner les critères susceptibles de nous convaincre que tel ou telle peut prétendre au titre suprême de potentat de la feuille et du pinceau...

De même que pour la cuisine française, le genre "aquarelle" a éclaté ces dernières années. On en vient à ne plus trop savoir : "et ça c'est de l'aquarelle ?" entend-on devant les cimaises...Oui monsieur, suis-je tentée de répondre , de même qu'à présent dans un restaurant français haut de gamme le menu comportera une carte allant du bar au vinaigre fumé Tosazu au bouillon de poisson en passant par la cervelle de veau ou la compotée de coing, dans une exposition d'aquarelle digne de ce nom figurera nécessairement l'indispensable papier plastifié ou les finitions en dripping mélangées au gesso ...sans oublier les vernis en tous genres et les supports en aluminium.

On est bien loin de la question bateau tant entendue "papier coton ou cellulose ?" ...

De multiples influences ont forcé nos friables frontières et abattu nos fragiles colosses bien de chez nous qui prônaient la transparence et le petit gris Raphaël. A présent dans nos pinceliers, des pinceaux chinois côtoient des cartes à gratter et des calames ...Sennelier doit se battre contre Winsor et Blockx ...et la nomenclature chiffrée a remplacé  les noms chantants des pigments. Adieu le bleu de Delft et bonjour le PB15.

Les candidatures aux salons hexagonaux explosent et les français tentent de s'exporter... Tiendrons nous la route face aux écoles chinoises, américaines, russes, anglo-saxonnes, australiennes, indonésiennes, belges, espagnoles etc .. ??? L'aquarelle française est-elle prête à affronter cette déferlante ? J'aurais même envie de pousser la provocation jusqu'au bout en demandant : l'aquarelle française existe-t-elle ? Car nous sommes connus pour nos dissensions et nos querelles de castes et de chapelles bien plus que pour notre capacité à nous rassembler et à créer ensemble. Même si les expositions se multiplient, les initiatives visant à l'échange des connaissances restent bien trop confidentielles. Rares sont les initiatives qui dépassent les murs d'une cité, mise à l'honneur le temps d'un salon.
Bien sûr, il est impossible de décerner une médaille d'or en ce qui concerne l'aquarelle en France (comme quasiment partout ailleurs) ...Mais on aimerait pouvoir se référer à un groupe d'artistes qui auraient cette grâce tranquille, cette liberté amusée, qui pourrait guider le public français par un réel effort de communication,  dans un esprit fort et apaisé. 




Cet article me semble encore d'actualité, d'ailleurs il remporte un vif succès en terme de nombre de lecteurs depuis que je l'ai publié en 2012. Si le nombre de salons d'aquarelle semble s'être à peu près stabilisé , la plupart des aquarelles présentées sont loin de faire l'unanimité parmi les peintres d'autres médiums ou encore chez les collectionneurs généralistes.
L'aquarelle est encore la plupart du temps vantée comme "difficile" ou "technique" comme si ces deux critères devaient en faire sa qualité.
L'autre jour, en entendant une émission consacrée à l'art sur Arte, le commentateur commençait la présentation des peintures montrées en parlant en premier lieu de la composition...Hélas, ce n'était pas de l'aquarelle... comme j'aimerais parfois, entendre un amateur d'aquarelle parler de composition ... mais non, on me parle de technique et de difficulté ...
Il faudrait que les aquarellistes se souviennent qu'on attend d'un artiste qu'il soit un compositeur et non pas un copieur de photographie. La composition n'est pas seulement affaire de point focal. Tout compte, comme par exemple l'agencement des valeurs, la force du contenu, l'effet de surprise, la richesse des textures et le coup de pinceau...
Je crois qu'il y a encore bien du chemin à faire pour transmettre ces notions dans les ateliers afin que les expositions d'aquarelle deviennent enfin des expositions de peinture et non pas des expositions de copies de photo (ou pire des copies de copies...)
Heureusement quelques artistes relèvent ces défis et nous sortent nous, spectateur ravi de la copie réaliste et des sujets archi rebattus.
Ils ne sont pas difficiles à repérer dans les expos. Ils sont tout simplement différents.
Et c'est cette différence qu'il faut cultiver en chacun de nous pour un jour, peut-être, peindre.

mardi 20 décembre 2011

Les petites phrases qui tuent ...

20 décembre 2011

Vingt ans que j'entends toujours les mêmes petites phrases qui tuent ...
Alors si on décidait là, tous ensemble, de leur crever la peau, à elles aussi ?
Après tout, elles ne nous font même pas peur, on ne va pas se laisser faire, se laisser faire, ça reviendrait à se laisser enfermer dans des catégories stériles et paralysantes et pour tout dire, qui fleurent bon le réactionnisme, et non, vingt ans, c'est trop jeune pour être réac !

"Ce n'est pas de l'aquarelle"
Celle-là, purée, je l'ai entendue plus que toutes les autres, comme si il n'y avait qu'une façon de faire de l'aquarelle, de Dürer à Turner en passant par Homer ...bon allons faire un tour dans les musées, les yeux ouverts et on en reparle après. Ouvrir une boîte d'aquarelle, c'est un peu comme goûter un grand vin. Ce qu'on va trouver dedans, c'est une question d'adéquation entre un terroir et un palais. Le reste est avant tout affaire de savoir faire, et de savoir vivre.

"Il faut être rapide pour faire une aquarelle"
Déjà, une phrase qui commence par "il faut" ...c'est mal engagé, en tout cas, pas très ouvert d'esprit...C'est pourquoi je dis toujours à mes élèves "je ne vous dirai jamais... jamais...ni toujours" 
Comme en amour, tout est possible en aquarelle …chacun l'adapte à ses goûts, à ses capacités physiques et intellectuelles. Une peinture est la traduction d'une âme humaine, et pas nécessairement une performance.

"L' aquarelle c'est les couleurs pastel"
Ca c'est quand même un beau paradoxe, être allé piquer aux pastellistes l'appellation de leur medium pour venir qualifier la pseudo caractéristique de l'aquarelle...Il fallait oser le faire. Je ne sais pas qui l'a dit en premier, mais alors question postérité, c'est une sacrée réussite. C'est l'un des poncifs qu'on entend le plus souvent. Il faudrait alors ne jamais déboucher un tube de bleu phtalocyanine ou même de sépia …Toute une éducation à refaire...chacun ses goûts et nous avons tous une gamme de couleurs et de valeurs préférées, qui correspondent à notre tempérament, mais de là à en faire une règle …

Vous aussi vous avez certainement en tête des petites phrases assassines comme ça entendues jusqu'à l'écœurement, entre la poire et le fromage et qui ont trop longtemps servi à justifier la place de l'aquarelle dans le cercle des loisirs gentillets. Je serais curieuse de savoir ce que vous en pensez, avec un peu de pratique et de recul...