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mercredi 20 juin 2018

Peindre à l'aquarelle avec des bouchons

Deux exemples de démo réalisées en cours


 Comme j'en fais mention dans l'Art de l'aquarelle n° 37, dans la série "peindre avec ..." après avoir peint avec une tapette à mouche, après avoir peint avec les doigts, nous avons testé pour vous "peindre avec des bouchons". 
Je dois préciser, pour les esprits mal intentionnés, qu'il s'agit de bouchons de bouteilles de LAIT et non de toute autre substance, car comme le disait Bourvil "l'eau ferrugineuse oui ..." vous connaissez la suite. 

Nous avons donc malaxé avec un peu d'eau une grosse noisette de pigments purs sortis des tubes. Je veux dire par "purs" qu'ils n'ont pas été mélangés sur la palette. Par contre nous avons essayé de favoriser les rencontres des couleurs, par le ruisselement , en inclinant notre bloc.
La feuille est préalablement mouillée. Le contenu des bouchons est déversé sur la feuille. C'est donc une technique simplifiée de peinture directe...


Ci-dessous, des travaux d'élèves ...



Il faut prendre garde de ne pas TROP incliner le papier dans tous les sens car au bout de deux ou trois allers retours, les pigments forment un mélange brun pas forcément toujours très enthousiasmant.



Et il faut être particulièrement prudent lorsqu'on emploie deux couleurs complémentaires ou voisines des complémentaires comme ci-dessous entre outremer et orange ou jaune. 



Ces précautions respectées, on obtient des fonds saisissants d'intensité colorée qui peuvent être exploités ensuite de façon abstraite ou figurative selon votre humeur.



mardi 13 juin 2017

Fond à l'aquarelle en mouillé sur mouillé




Encore une petite vidéo (un peu moins rapide que la précédente) pour montrer un des basiques de l'aquarelle : le fondu de plusieurs couleurs pour réaliser un fond harmonieux.

Ici nous avons utilisé trois jus préparés au préalable dans la palette : un violet à tendance bleue , un violet à tendance rouge, et un orangé. (à base de bleu colbalt, rouge alizarine, jaune auréoline)

Les consignes de départ sont :

1- préparer les trois jus dans la palette
2-humidifier largement l'espace autour des fleurs avec un gros pinceau à lavis en allant du général aux contours.
3- choisir un espace qu'on laissera blanc pour aérer la composition.
4- faire voyager les couleurs d'un côté à l'autre, de façon à ce que l’œil circule autour des fleurs et aussi à travers les fleurs.

Le son se gâte vers les 3 mn mais ça revient à la fin, il faut que j'apprenne encore un peu pour les vidéos (mais j'en ai bien l'intention) :)









merci à Jeya pour sa collaboration patiente !
C'était son premier fond et elle est en première année !







mercredi 7 juin 2017

MJC Roguet: fleurs blanches à l'aquarelle


Tout commence toujours par un dessin plus ou moins succinct, ici, il importe de bien faire revenir les axes des pétales vers le centre de la fleur et de bien visualiser la structure générale de la corolle en ellipses.





Ensuite, on peut commencer à poser les premiers jus des couleurs pures dominantes, sur papier sec, de façon à garder un maximum d'intensité.
Par superpositions de glacis on obtient les couleurs secondaires : orange, violacé, vert ...et de plus en plus de nuances de blancs colorés, et / ou de gris colorés.









Il ne faut pas , comme ci-dessus marquer trop fortement au crayon la limite entre les étamines et les blancs des pétales ! Heureusement cette erreur va pouvoir être atténuée !





La lumière du soir n'est pas la plus adaptée mais on fait avec ce qu'on a!
Le groupe du mercredi soir est un groupe qui travaille sérieusement, ou plutôt, devrais-je dire qui se détend sereinement ? ;)




Le jeudi matin , la lumière naturelle est au rendez-vous, et c'est Michel, l'un de mes premiers inscrits historiques à la MJC qui entreprend de nous faire une magnifique démonstration d'aquarelle, avec mes conseils les plus avisés évidemment !
Nous avons préparé pour ce fond trois gris colorés, un à dominante bleue, un à dominante violette et le troisième, orangé. La consigne est de mouiller tout l'entourage des fleurs, et de choisir un coin à laisser blanc papier.








Le fond humide permet aux différentes parties du fond de bien se répartir et de se mélanger entre elles !







Ça me fait plaisir lorsque les élèves suivent mes recommandations à la lettre, car cela facilite grandement l'assimilation de toutes les autres consignes nécessaires à l'apprentissage exigeant de l'aquarelle !
Pour chaque élève quelques instants sont nécessaires pour trouver les gestes justes, éviter les petits écueils comme négliger les contours ou paniquer parce qu'un jus n'est pas prêt dans la palette ! Une bonne préparation des couleurs en jus et des pinceaux sous la main, quelques minutes d'attention et on obtient de très jolis fondus ! 

Cette fois c'est Olga qui se jette à l'eau !





Que voici une palette bien propre et bien ordonnée ;)





Attention aux sertis involontaires !



Autres exemples de réalisations d'élèves :






lundi 5 décembre 2016

Apprendre l'aquarelle logiquement : Ma théorie des 3 P (papier, pinceau, pigment)




         PAPIER          


PINCEAU


PIGMENT

Mouillé sur mouillé
          
      +++  d’eau

        mouillé

-        d’eau

Poils naturels essorés
     Ou synthétiques

-        d’eau
           
         crème ou pâte

Lavis
                
-        d’eau

humide brillant    ou sec

            +++ d’eau

         Poils naturels

-         d’eau

              crème

Glacis

-        d’eau

          sec

-        d’eau

poils naturels ou synthétiques

           +++  d’eau

       Jus









































Pour vous aider à doser l’usage de l’eau en aquarelle, simplifiez-vous la vie en privilégiant le remplissage en eau de l’un des trois outils spécifiques de ce medium :

1-    D’une part le papier
2-    D’autre part le pinceau
3-    Enfin le pigment


1-    Le PAPIER (plusieurs types de papiers existent : ceux en coton, en cellulose, en bambou, en plastique)

On peut l’utiliser :
-         trempé dans une bassine plate ou dans un plateau ou détrempé à l’éponge sur une plaque de plexiglas
-         tendu sur bloc ou sur une planche et crafté ou agrafé
-         humidifié partout au pinceau en feuille volante ou sur bloc
-         humidifié partiellement
-    sec

2-    LE PINCEAU (bien faire la jupe)

Doit être choisi avec soin en fonction de l’eau qu’il peut contenir
-         Les synthétiques contiennent moins d’eau
-         Les poils naturels : petits gris (= écureuil) ou un pinceau en poils de martre contiennent beaucoup d’eau.

3-    LE PIGMENT

Doit être préparé dans la palette (ou dans des petits récipients s’il est sous forme de liquide en grande quantité).
-         Liquide, on dit qu’il est un JUS
-         Collant dans la palette, on dit qu’il est CREMEUX
-         Juste prélevé et légèrement malaxé à la pointe du pinceau, il sera PATEUX



Extrait du livre "Aquarelle : *l'anti manuel" de Nathalie Paradis

*On m'a demandé pourquoi j'avais appelé ce livre "l'anti-manuel" et en quoi il n'est pas un manuel comme les autres:  la pratique que je conseille n'est pas cloisonnée, j'utilise toutes les techniques aquarelle sans préférence véritable, selon le type de résultat que je souhaite obtenir. 

Il existe une dérive actuellement dans les attentes que le public a par rapport aux différentes pratiques aquarelle qui tendrait à privilégier ce qui semble "difficile" techniquement. Mais pour certains, peindre en technique sèche pour faire une magnifique planche de botanique est aussi impossible que pour d'autres peindre en mouillé sur mouillé où tout semble "ingérable".

Les techniques aquarelle répondent avant tout à des contraintes physiques liées à la plus ou moins grande présence de l'eau dans les mélanges utilisés.
C'est sur cette compréhension qu'il faut insister dans l'enseignement de l'aquarelle.





samedi 23 juillet 2016

Carnet de voyage : lac Tonle Sap





Voici la photo de départ , je l'ai déjà un peu transformée puisque j'ai opté pour un recadrage carré.






Première étape (après l'esquisse au critérium)

Puisque je travaille sur Arches : poser la gomme à masquer là où je veux préserver des clairs ou des blancs est la première chose à faire. La finesse des traits à protéger, ou bien la proximité de couleurs sombres potentiellement envahissantes, ou encore la nécessité de passer plusieurs lavis sur ces zones à protéger sont mes critères principaux justifiant l'emploi de ce liquide à base de latex qui recouvre le papier et ne peut être peint.
Bien le laisser sécher !!


Format : 66 x 66
Le papier, du 300g,  est juste posé sur la table ;)




Mes palettes avec tous les bleus, tous les rouges, tous les jaunes dont je dispose, ou presque.





Deuxième étape :


Je commence par poser des lavis bleus dans le ciel, sans tout remplir, puis des bleus dans l'eau et lorsque le bleu du ciel a séché je commence par les jaunes et les verts anis des arbres. 


Je peux passer sans hésitation par dessus la gomme à masquer qui protège les graphismes des joncs.




Troisième étape: 


Je peux commencer à colorer les maisons dont j'ai réservé là encore quelques parties que je souhaite garder intactes pour l'instant.





Je repasse plusieurs lavis de différents bleus pour l'eau, en laissant sécher entre chaque passage, jusqu'à obtenir les valeurs souhaitées. 4 passages seront nécessaires, voire davantage, tout dépend de votre façon de doser le pigment dans votre pinceau.

Quatrième étape :


Je pose différents tons sombres à l'intérieur des joncs pour leur donner du relief, puis je retire la gomme à masquer.




Pour cela, j'utilise un gant de toilette que je frotte sur le papier.


 AVANT :


APRES :







Détail des joncs, avant et après retrait de la gomme à masquer.






Détail des reflets,  après retrait de la gomme à masquer.





Détail des sombres posés pour donner du relief aux joncs.




Photo référence



Résultat presque terminé, j'ai enrichi les détails des maisons, il me reste à affiner les reflets:
 Demain ! 
Ce sera le moment d'utiliser les rehauts d'opaques !



Je poserai aussi un dernier lavis bleu sombre pour enfoncer le bas des joncs dans l'eau.

NB : J'ai été très surprise par le temps de séchage très long du papier Arches, plus long que le papier Moulin du Coq que j'emploie habituellement. Sans doute les fibres de coton retiennent-elles mieux l'eau que les fibres en cellulose, et cela, ici, malgré l'absence de trempage préalable.






Voilà le résultat final, j'ai utilisé des opaques en petites touches pour donner des matières aux baraques flottantes et aux barques, puis, j'ai affiné certains blancs à l'aide d'un petit feutre fin Derwent.

La transposition en noir et blanc permet de bien visualiser le travail des valeurs.
C'est une composition un peu déconcertante pour les occidentaux car les masses sombres positionnées à droite sont à l'inverse de ce que l’œil habitué à lire de gauche à droite attend.
Je suis contente de cette inversion inattendue. Les formats carrés obligent à chercher loin des sentiers battus des compositions un peu différentes de celles auxquelles nous sommes un peu trop formatés.
Ici, l’œil curieux finira sa course en haut à droite et se régalera (je l'espère) des textures que j'ai cherché à y créer.




mardi 5 juillet 2016

Croqu'nu




Croquis au carré Conté sanguine


















Croquis au feutre fin sanguine









Croquis au feutre fin noir







Croquis au feutre aquarellable






Croquis au stylo