mardi 31 mai 2022

Stage avec David Chauvin



La saison des stages se poursuit avec la venue, dans la joie et la bonne humeur de David Chauvin. 


Un bon stage c'est un stage équilibré entre démonstration et mise en œuvre pratique. De ce côté là, aucun souci avec David, il n'y a pas de temps mort et chaque moment est mis à profit pour mettre l'accent sur tel ou tel détail à découvrir ou à approfondir.

Pour moi l'emploi d'un pinceau synthétique avec beaucoup d'eau a été une révélation. Les pinceaux en martre m'ont semblé bien mollassons et délicats en comparaison des synthétiques nerveux, pointus et martyrisables à loisir qu'emploie David.


La photo est un peu floutée car je ne souhaite pas dévoiler trop les sujets abordés durant ces trois journées de stage. L'intérêt a été de dérouler une méthode qui s'applique en toutes circonstances.

Ce côté bien rodé va m'aider à canaliser ma tendance à l'improvisation tous azimuts qui me conduit souvent dans des impasses (de très belles impasses parfois mais bon …).


En gros le premier passage, dans le mouillé, sert à poser l'ambiance des valeurs claires, et ensuite, après séchage, on nuance et on peaufine les sombres. Ca semble tout simple mais c'est loin de l'être car il faut par exemple, trouver un certain lâcher prise dans la répartition et le choix des couleurs de base.

C'est dans cette liberté là que chacun trouvera en partie son style. 

S'il vaut mieux commencer par deux couleurs, au fur et à mesure des sujets la palette s'est largement enrichie et diversifiée, utilisant généreusement les opaques aussi bien que les mélanges des marques.






Tout le monde (ou presque) est très sérieux.





Bref, un chouette stage avec une chouette ambiance et de belles réalisations. Nous reprendrons ces méthodes dans les cours à venir, et puisque l'année se termine : dès la rentrée de septembre !




Les aquarellistes de la MJC lundi à la prairie des filtres

 

Nous avons quitté l'écurie de la rue de Gascogne et nous caracolons allègrement dans les espaces verts de Toulouse !




Chacun prend position et nous commençons par un croquis de valeurs de ce sentier ombragé !



Voici les valeureux apprentis aquarellistes qui s'attaquent comme un seul homme à ce sujet redoutable !


La suite bientôt !




mardi 24 mai 2022

Compte rendu du stage avec Nicolas Lopez




 Nous l'attendions impatiemment, et ces deux jours ont été bien sûr un peu courts pour profiter de toute l'étendue des talents de Nicolas.

Deux jours partagés m'ont permis de découvrir un peu sa vie, il nous a parlé de sa formation comme professeur d'art durant 5 ans au Pérou, puis à nouveau cinq ans de spécialisation dans une école d'aquarelle ! Oui ! Vous avez bien lu, il existe au moins une école d'aquarelle au Pérou ! Ne nous étonnons plus alors si tant d'artistes de là-bas nous enchantent ! Nous sommes décidément bien à la traîne ici en France pour la formation des jeunes générations !

La palette de Nicolas est constituée de plusieurs nuances de noirs de la marque Daniel Smith dont il est l'un des ambassadeurs. Vous pourrez trouver le set de cette marque contenant les principales couleurs qu'il affectionne. Par ailleurs il peut ajouter ceci ou cela. Chez lui il fait des recherches avec des minéraux de son cher Pérou pour faire sa propre expérience des pigments, qu'il fabrique dans son four. L'année prochaine, il projette de rédiger un livre que nous attendons impatiemment, et dans lequel nous irons j'en suis sûre, de découvertes en découvertes !

Ci-dessous la palette …ou le chaudron ? ;) On pense aussi bien sûr aux pierres à encrer …

Seule une grande habitude lui permet après quelques coups de pinceaux de s'y retrouver encore et de récupérer si besoin ici un vert et là un bleu …Ne rêvez pas: dans ces conditions aucun jaune ne résiste !

La technique de Nicolas semble assez rapide à résumer à première vue. Ce n'est pas un secret : beaucoup de son style singulier repose sur l'utilisation quasi exclusive des pigments sédimentaires, et les ravinements qu'ils produisent permettent à ses aquarelles des effets toujours impressionnants de spontanéité.

La pulvérisation y joue un rôle important. Ici votre pulvérisateur devient un outil primordial, il faut apprendre à s'en servir avec une grande subtilité, l'appui sur la gâchette, la distance de pulvérisation, la longueur des jets, leur intensité, le nombre de coups de pulvérisateurs dirigés ou pas au même endroit, tous ces gestes, à maîtriser et à conscientiser, apportent des nuances infinies aux effets produits.

Trop peu d'eau il ne se passe pas grand chose, et trop d'eau, les pigments sont noyés dans une flaque informe.

Trop sec le pigment peut certes être remouillé, mais l'effet n'est pas équivalent à une pulvérisation en amont qui permet une belle diffusion des pigments.



Les pinceaux peuvent eux aussi déconcerter. Si Nicolas possède quelques pinceaux synthétiques, et de type haké japonais,  de la marque Herend (introuvables en France, ces pinceaux sont coréens, j'ai vu qu'on pouvait parfois en trouver à la manifestation annuelle d'aquarelle de Fabriano, ou sur des sites espagnols), il aime tout autant utiliser des pinceaux de bricolage et il les martyrise sans égards en les écrasant par ci, par là !

Les gestes sont le plus souvent vifs et sans repentir. Cette spontanéité est une clé pour obtenir des aquarelles fraîches et vivantes ! Là aussi une pratique de la calligraphie peut aider.




L'inclinaison du papier, et laisser faire le travail par l'eau, sont aussi deux éléments fondamentaux de sa méthode . Nicolas insiste beaucoup sur la sincérité du papier, pour cette raison il préfère la cellulose qui retient moins les mouvements de l'eau que le coton.








Les deux jours ont été très différents. 

Le premier jour, Nicolas nous a expliqué les grandes lignes de sa méthode de composition, en un mot : épurer.

 Et ce n'est pas peu dire, car d'une photo où plusieurs éléments pourraient distraire l'attention, Nicolas n'en garde qu'un, en fait sont point focal, y concentre le  plus de contrastes possibles (valeurs, graphismes, couleurs …) et brode autour habilement avec les propriétés spectaculaires des pigments sédimentaires de la gamme Daniel Smith. Les couleurs disparaissent quasiment complètement, ou en tout cas, elles ne sont absolument plus nécessaires à l'interprétation du sujet. 

Pour ce qui est des informations de la photo d'origine voyez par vous-même : d'un lotissement il reste quelques toits, d'une pelouse, il conserve l'espace, d'une série de lampadaires n'en subsiste qu'un.



Avant ...

Après ...


Ci-dessous un détail d'une autre démonstration.

  

Le deuxième jour, c'est l'imagination qui a pris le pouvoir et après avoir laissé nos mains se mouvoir au hasard sur des tout petits formats, nous avons tenté d'en dégager un sujet convaincant, ce qui n'était pas une mince affaire !


Voici quelques-uns des premiers jets réalisés par les stagiaires :










Ensuite il faut tenter de lire dans les nuages comme le faisait Léonard de Vinci !!


J'ai enfin eu la chance de pouvoir demander à Nicolas son aide afin d'améliorer la composition d'un tableau que j'avais réalisé d'après une photo prise au Laos. 
Là aussi une grande simplification, en supprimant la plupart des bâtiments sur ce sujet, la focalisation sur la maison sur pilotis à gauche grâce au pignon laissé entièrement blanc, l'intensification des reflets dans l'eau ont contribué à donner de l'intérêt à ce sujet.


Merci Nicolas !! Merci à tous les stagiaires !! Voici une saison de #stages qui commence sur les chapeaux de roue (et de soleil) !!!
















dimanche 22 mai 2022

Les aquarellistes de la MJC Roguet à la Prairie des Filtres

 La semaine dernière nous étions au jardin Raymond VI (voir article précédent) et cette semaine nous sommes allés croquer et peindre à la prairie des filtres !



Le matin c'est super, il n'y a presque personne, nous avons les bancs pour nous avec la vue dégagée sur le Pont Neuf, et l'ombre des charmes était bienvenue.









Nous avons décidé de nous concentrer sur les arbres car nombreux sont mes apprentis aquarellistes qui ne se sentent pas encore très à l'aise avec ce sujet. En effet, si on ne peut pas répondre avec une seule réponse à la question : "comment peindre des arbres ? ", la première des choses à faire est de bien les observer pour s'en imprégner avant de les insérer dans une composition.
C'est donc ce que nous avons fait en réalisant, avant toute chose ce que j'appelle "un croquis de placement". Cela permet grâce à l'observation exigée,  de bien se rendre compte que les arbres en cette saison sont davantage perçus comme des masses, que comme des ensembles de petites feuilles !! 
Il faut donc les traiter en masse et non pas en collant mille détails les uns aux autres.

Ensuite nous avons refait un autre croquis, qui a cette fois-ci été aquarellé sobrement, sans du tout chercher à appliquer des "recettes techniques".
Cette partie de l'observation permet de se concentrer sur les couleurs, et plus encore, sur les valeurs des couleurs. En effet vous savez bien qu'un vert n'est pas l'autre. certains sont plus jaunes, d'autres plus bleus, et enfin certains peuvent être même un peu violacés etc...Par ailleurs, un vert clair n'est pas égal à un vert foncé et ne procure pas la même sensation visuellement. 


Etape 1 : le croquis de placement


Etape 2 : la mise en place des différents verts (même si ce croquis n'est pas terminé, il vous donne une idée ...)



Etape 3: la pochade finale


On voit comment chaque étape de ce processus contribue à donner à chaque plan et à chaque partie de la composition sa juste place. 
Il me reste à présent à l'agrandir encore (la pochade est un format A5) et à y introduire quelques petites touches dont l'aquarelle a le secret et cette pochade deviendra une aquarelle tout à fait intéressante.


A la prochaine ! ;)






Aquarelle à la MJC Roguet : tout le monde dehors !!!!!!!!!

  Ohlala, ça fait déjà longtemps que je n'ai rien publié ici, il était temps que je me réveille !!

Ce n'est pas faute d'avoir pourtant été toujours aussi active ! Les cours à la MJC Roguet sont toujours un succès, avec des adhérents hyper fidèles depuis huit ans maintenant et d'autres, des petits nouveaux qui saisissent l'opportunité lorsqu'un départ, une mutation, un mariage, éloignent du cours les précédents inscrits !

Nous voici donc à nouveau en mai avec l'envie de sortir et une demande appuyée de la part des élèves de faire focus sur la question : comment peindre un arbre ??




C'est parti, sac au dos et aussi légers que possible vers le jardin des Abattoirs qui est le plus proche de la MJC (rue de Gascogne).

Avant chaque expédition je fais un petit rappel sous forme de check-list à mes élèves parfois un peu tête en l'air (normal pour des peintres). En effet c'est un peu dommage d'oublier ses lunettes, sa petite laine, ou un petit coussin pour être confortable !

Pour la peinture et pour boire : de l'eau. Et pour le matériel une petite trousse avec seulement deux ou trois pinceaux et un pulvérisateur. Petit bloc, criterium, pour le croquis, palette et on est parés !

Petite démo pour commencer : présentation des différents verts possibles dans la palette, et précisions sur leur rôle particulier dans une composition équilibrée.

Méthodologie : pulvériser la feuille et laisser fuser la ou les couleurs choisies, incliner, observer...renforcer si besoin dans l'humide.

Et voilà, on avance peu à peu !

La suite plus tard !